Le cas de Christian Vanneste et de sa croisade homophobe s’enrichit à mesure de ses provocations et de ses déclarations – dont la dernière est disponible sur le site d’inspiration catholique www.libertepolitique.com. Son argumentaire se précise, didactique, cultivant une caricature de discours intellectuel qui en rappelle d’autres, particulièrement nauséabonds. Au prétexte d’un éloge de la « vraie » famille, celle qui a des enfants et qui en fait le plus possible, il s’attaque très violemment aux homosexuels, évoquant « la fameuse légende de [leur] déportation ». Après la simple homophobie, le négationnisme : le membre du collectif de la Droite Populaire n’a pas froid aux yeux, semble-t-il. Surtout, il choisit ses mots avec soin.
« Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ». Ou pas. Car ce ne sera pas François Hollande. Au moment où Nicolas Sarkozy peaufine sa déclaration télévisée de candidature, demain, il n’a rien trouvé de mieux en effet que d’accorder au « Guardian » un entretien particulièrement préoccupant. Comme s’il voulait démontrer qu’entre lui et l’actuel Président de la République, la différence n’était finalement que d’une minceur de papier à cigarette. Le journal britannique ne s’y est d’ailleurs pas trompé, et titre avec sobriété : « François Hollande veut rassurer le Royaume-Uni et la City ». La finance mondiale respire mieux. Nous voilà prévenus.
Que dit François Hollande, candidat du Parti Socialiste Français, aux Britanniques et aux Français qui lisent le « Guardian » ? Car il y en a, et beaucoup, le « Guardian » n’étant pas exactement un fanzine de Grammar School, ronéotypé à 40 exemplaires.